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Burn-out au travail : pourquoi avons-nous encore une culture de l’épuisement en France ?

  • clemencelefevre11
  • il y a 3 jours
  • 4 min de lecture

Je m’interroge souvent sur notre rapport au travail.


Les horaires à rallonge
Les horaires à rallonge

Pourquoi avons-nous encore cette culture où rester tard au bureau est perçu comme une preuve de sérieux ? Pourquoi répondre à ses mails le soir, travailler pendant ses vacances ou être disponible en permanence semble parfois presque valorisé ?

Et surtout : pourquoi est-il encore si difficile, dans certaines entreprises françaises, pas toutes, d’assumer simplement une vie personnelle ?


Quand je regarde ce qui se fait dans plusieurs pays d’Europe du Nord, le contraste me frappe.

En Suède, au Danemark ou aux Pays-Bas, quitter son travail à 17h pour aller chercher ses enfants paraît normal. Parfois même sain. Là-bas, un salarié qui reste tous les soirs jusqu’à 20h peut être vu comme quelqu’un qui gère mal sa charge de travail ou son organisation.


En France, j’ai souvent l’impression que l’on continue à valoriser l’inverse : les horaires à rallonge, la disponibilité permanente, les collaborateurs “toujours joignables”.

Comme si être épuisé était devenu une preuve d’implication.

Pourtant, derrière cette culture, il y a une réalité beaucoup moins glorieuse : fatigue chronique, charge mentale, perte de sens, burn-out, difficultés familiales…


Le problème n’est pas seulement le nombre d’heures

Je ne pense pas que le burn-out soit uniquement une question de quantité de travail.

D’ailleurs, quand on regarde les chiffres, les Français ne travaillent pas forcément beaucoup plus que certains autres pays européens. Le vrai sujet me semble plutôt être notre rapport culturel au travail.

En France, le présentéisme reste très fort dans de nombreuses entreprises. On continue parfois à juger un salarié sur sa présence visible plus que sur son efficacité réelle.

Je crois que beaucoup de personnes connaissent cette pression implicite :partir “trop tôt” peut donner l’impression d’être moins investi.

Même quand tout le travail est fait.

Même quand les objectifs sont atteints.

Même quand on a simplement envie — ou besoin — de retrouver sa famille.


J’ai aussi le sentiment que les outils numériques ont aggravé les choses. Aujourd’hui, le bureau ne s’arrête plus vraiment. Les mails arrivent le soir, les messages Teams pendant le dîner, les appels pendant les congés.

Petit à petit, les frontières entre vie professionnelle et vie privée disparaissent.


La vie personnelle reste souvent secondaire

Ce qui me frappe également, c’est la manière dont certaines entreprises considèrent encore la vie personnelle des salariés.

Avoir des enfants, devoir partir à heure fixe, vouloir préserver ses soirées ou ses week-ends… tout cela semble parfois devoir être “justifié”.

Comme si la norme implicite du salarié idéal restait quelqu’un de totalement disponible.

Pourtant, la réalité est bien différente. Beaucoup de salariés jonglent déjà avec :

  • les trajets,

  • la fatigue,

  • les responsabilités familiales,

  • la charge mentale,

  • les contraintes financières,

  • et une pression professionnelle de plus en plus forte.


Je pense notamment aux parents, et particulièrement aux femmes, qui cumulent souvent travail professionnel et organisation familiale. Dans beaucoup de foyers, la fameuse “double journée” existe toujours.

Et malgré cela, notre culture professionnelle continue parfois à glorifier ceux qui sacrifient leur équilibre personnel au nom du travail.


Le burn-out vient aussi du manque de sens

Je crois aussi qu’on réduit trop souvent le burn-out à “travailler trop”.

Certaines personnes s’épuisent sans faire des semaines de 70 heures.

Ce qui détruit mentalement, c’est souvent une accumulation de facteurs :

  • la pression permanente,

  • les objectifs irréalistes,

  • le manque de reconnaissance,

  • le management toxique,

  • les sous-effectifs,

  • l’impression de ne jamais en faire assez,

  • ou encore la perte de sens.


J’ai parfois l’impression que beaucoup de salariés ne sont pas seulement fatigués physiquement. Ils sont épuisés psychologiquement.

Ce qui use, ce n’est pas uniquement le travail. C’est le sentiment d’être constamment sous tension, constamment évalué, constamment disponible.

Et parfois même empêché de faire correctement son métier faute de temps ou de moyens.


Les pays nordiques sont-ils meilleurs sur ce sujet ?

Je ne pense pas qu’il faille idéaliser les pays nordiques. Le stress au travail existe aussi là-bas.

Mais je trouve intéressant de voir qu’ils ont développé une autre culture professionnelle.

Dans plusieurs pays d’Europe du Nord, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle semble davantage respecté. Le management y est souvent moins hiérarchique, la confiance plus forte, et la déconnexion mieux acceptée socialement.

Partir tôt pour retrouver ses enfants n’y est pas forcément vu comme un manque d’ambition.

Au contraire, cela peut être considéré comme normal.

Je trouve cette différence culturelle assez révélatrice.


En France, j’ai parfois le sentiment que nous continuons à associer la réussite professionnelle à une forme de sacrifice personnel. Comme s’il fallait forcément s’oublier un peu pour prouver sa valeur.


La glorification de l’épuisement

Ce qui m’interroge le plus, finalement, c’est peut-être notre tendance collective à banaliser l’épuisement.

Combien de fois entend-on :

  • “je n’ai pas décroché du week-end”,

  • “j’ai encore travaillé jusqu’à minuit”,

  • “je suis débordé en ce moment” ?

Et souvent, ces phrases sont presque devenues des signes de statut social.

Comme si être submergé prouvait qu’on est important.

Je trouve cela assez inquiétant.

Parce qu’à force de considérer le stress chronique comme normal, on finit par oublier ses conséquences :

  • burn-out,

  • anxiété,

  • dépression,

  • arrêts maladie,

  • désengagement,

  • tensions familiales,

  • problèmes de santé.


Et au final, cette culture nuit aussi aux entreprises elles-mêmes.

Un salarié épuisé n’est pas plus performant durablement.


Repenser notre rapport au travail

Je ne crois pas que le sujet soit de “moins travailler” par principe.

Je pense surtout que nous devrions nous interroger collectivement sur ce que nous considérons comme un rapport sain au travail.

Pourquoi valorisons-nous encore autant la disponibilité permanente ?

Pourquoi associons-nous parfois l’équilibre de vie à un manque d’ambition ?

Pourquoi un salarié qui protège sa vie personnelle devrait-il encore se sentir coupable ?


Je pense qu’il est possible d’être engagé dans son travail sans sacrifier sa santé mentale, sa famille ou sa vie privée.

Et peut-être que les pays nordiques nous montrent justement cela :qu’une entreprise peut être performante sans transformer l’épuisement en norme sociale.

Au fond, je me demande si le vrai progrès au travail aujourd’hui ne serait pas simplement de réapprendre à considérer les salariés comme des êtres humains… et pas seulement comme des ressources disponibles en permanence.

 

 
 
 

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